Quinn Latimer et Adam Szymczyk

L’immixtion politique et militaire continue des puissances occidentales et de la Russie en Syrie a conduit à un blocage sanglant, trop prévisible – une configuration que l’on rencontre fréquemment dans la politique internationale des va-t-en-guerre. En même temps, les conflits en Afghanistan, en Iraq et en Afrique subsaharienne se poursuivent. Ces guerres sont souvent une conséquence de la politique occidentale après la fin de l’ère coloniale ou d’interventions militaires ultérieures. Elles ont poussés des millions d’hommes et de femmes à fuir leur violence insupportable. Maintenant, ces personnes sont contraintes de mettre en péril leur propre vie et la vie de leurs enfants en traversant la mer Egée et la mer Ionienne, pour échouer ensuite en Grèce quasiment sans perspective d’obtenir l’asile. Elles sont ici piégées dans un Etat frappé par la crise, et à la suite du deal sur les réfugiés conclu entre l’Union européenne et la Turquie (note du traducteur : le 18 mars 2016 à Bruxelles), ils risquent le renvoi immédiat en Turquie. Ce deal, qui prévoit un échange « Un qui rentre, un qui sort » ou One in, one out (note du traducteur : pour chaque réfugié renvoyé en Turquie, celle-ci pourra un envoyer un autre – installé sur son territoire – dans l’UE, dans la limite maximale de 72.000) rappelle, sous une forme bizarrement modifiée, l’échange force de populations de 1923 entre la Grèce et la Turquie, suite au traité de Lausanne.

Extrait de l’éditorial de la revue « South », le magazine de l’exposition documenta 14. Quinn Latimer est la rédactrice en chef de « South » ; A. Szymczyk est le directeur artistique de la documenta 14.

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